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I'll See You In My Dreams (1939)

il y a 5 ans 10 mois - il y a 5 ans 9 mois #1059 par maxprod
Allez, un petit dernier pour la semaine. De plus, il n'est pas totalement au point, je dois améliorer l'accompagnement mais c'est publiable quand même je penses.

On est ici en 1939 en format trio, et pas des moindres : Django à la guitare solo, Baro à la pompe majestueuse, et Emmanuel Soudieux à la basse. On peut dire que si un solo de Django Reinhardt faire référence à l'unanimité c'est celui-ci. A tel point que ce solo est reproduit à l'identique quasi religieusement par tout les successeurs de Django. Il est vrai qu'ici on frise la perfection et comme bien souvent dans les improvisations de Django tout semble couler de source, comme si ses chorus étaient puisés directement dans l'inconscient collectif du genre humain. Vous voyez, le genre de musique qui va de soit, où même un non musicien sait apprécier la justesse du phrasé où chaque note est à sa place et cela ne pouvait être que celle là, pas une autre.

Ce qui est typique chez Django c'est que tout ceux qui l'on vu jouer disent ou disaient que son visage était détendu et serein. Et c'est vrai qu'il ne jouait jamais faux. On sent parfois certains relâchements vite compensés par une relance, une manoucherie mais jamais ça n'est faux au sens musical du terme. C'est là où la symbiose entre l'intelligence musicale (ce qu'on appelle l'oreille mais qui a plus à voir avec le cerveau en dernière instance) et une parfaite maîtrise de l'instrument produisent l'alchimie et permet au musicien de reproduire fidèlement ce qu'il entend en lui de façon instantanée.

Là où le manouche domine le gadjé c'est par sa culture et par sa tradition de la transmission orale. Car le travail des thèmes de mémoire et le travail de l'instrument dès le plus jeune âge sera toujours un avantage comparé à nous pauvres sédentaires du monde libéral occidental rendu esclave de la banque (ça c'est pour la petite touche politique) :) Soyons humble face à autrui car on a beau avoir deux millions de grilles manouches dans ta tablette dernier cri, ça ne vaudra jamais un bon vieux cerveau avec sa mémoire à long terme.

Pour en revenir au titre et au sujet, ici c'est donc un festival. Après un bel exposé du thème on part sur un chorus pas forcément difficile mais qui possède quelques difficultés comme par exemple mesure 34 à 38 piste 1. Le plus difficile sera bien évidemment de reproduire cette fougue que l'on ressent à l'écoute de l'original. L'accompagnement de Baro est magistral et ponctue les phrases de Django de façon admirable. On sent l'affinité entre les deux compères et le plaisir qu'ils ont à jouer ensemble.

La ligne de basse de Soudieux n'est pas garantie à 1000% mais elle fait l'effet et y est pour grand chose pour les relances dynamiques. Le final est somptueux et la toute dernière phrase posée avec sûreté et élégance par Django montre à quel point ses déplacement sur le manche sont d'une précision redoutable. Il ne cherche pas, il explique et comme je le disais plus haut, ça coule de source.

Allez bon Django à tous et à tantôt pour d'autres fichiers.



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